Chargement Évènements

Saint Gabriel

Fêté le

24 mars

 

Saint Gabriel 08

Archange

LA MESSE

Nous ne sommes plus sur la terre. L’être que nous fêtons aujourd’hui n’est pas de notre race. Nous le connaissons par la révélation divine, mais ce qu’il est en lui-même, cet Esprit qui descendit un jour sur l’ordre de Dieu auprès de l’humble Vierge Marie, nous ne le soupçonnons même pas. Il est venu sous forme humaine, il a parlé le langage humain, sans que rien d’humain ne fût en lui. Mais ce qu’il est venu faire, ce qu’il a dit intéresse toute l’humanité.

Gabriel annonce au monde la grande nouvelle, la venue du Fils de Dieu. Celui que l’on attend depuis la création et la chute de nos premiers parents, le Messie, le Christ, le Rédempteur, celui que les Prophètes ont sans cesse appelé, Gabriel, par ordre de Dieu, vient déclarer enfin son arrivée. Il dit : Le voici ! C’est lui. Cette annonce c’est tout Gabriel. De toute éternité il a eu cette mission, il se confond avec elle. Et c’est pourquoi, avec lui, avec tous les Esprits célestes, avec toutes les créatures humaines, tous les êtres visibles et invisibles, nous bénissons la bonté de Dieu. Car au-dessus de tous les biens créés, sortis de la volonté de Dieu, Jésus, Sauveur, est le bien suprême, la bonté de Dieu incarnée. Il la représente et la donne entière. En lui et par lui, nous benissons cette bonté.

Introït : « Tous les Anges, bénissez le Seigneur, vous tous qui êtes puissants, qui accomplissez sa volonté, qui écoutez sa parole. – Mon âme, bénis le Seigneur, que mon être entier bénisse son saint Nom. »

Oraison : « Dieu tout-puissant, Dieu éternel, dont des milliers d’anges sont les serviteurs, accordez-nous, nous vous en prions, qu’en vénérant sur terre le bienheureux

 

Archange Gabriel, le ministre principal de la réparation du monde, nous obtenions par ses suffrages, de jouir dans le ciel du fruit de notre rédemption. »

En annonçant Jésus au monde, Gabriel annonce l’ouverture définitive du ciel. C’est le ciel qu’il apporte à tous avec Jésus. Aussi, c’est le ciel que nous lui demandons. La porte en est à jamais ouverte. En descendant, Gabriel ne l’a plus refermée.

Lecture du Prophète Daniel, c. 9 : « En ces jours-là, Gabriel que j’avais vu en vision, dès le commencement, vola rapidement vers moi et me toucha, au moment du sacrifice du soir. Il m’instruisit et me dit : Daniel, je suis venu maintenant pour t’instruire et te faire comprendre. Dès le commencement de ta prière, l’ordre m’en fut donné. Je suis donc venu pour t’instruire, car tu es un homme de désirs. Donc fais attention à mes paroles et comprends cette vision. Dieu a abrégé le temps de la délivrance à soixante-dix semaines, en faveur de ton peuple, de la Ville Sainte afin que les prévarications soient terminées, que le péché prenne fin, que l’iniquité soit supprimée, que la justice éternelle paraisse, que toutes les visions et les prophéties soient accomplies et que le Saint des Saints reçoive l’onction. Sache donc et écoute bien : Depuis l’ordre qui sera donné pour rebâtir Jérusalem jusqu’au Chef, le Christ, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines. Et de nouveau, les places, les murailles seront bâties dans des temps difficiles. Et après ces soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort, et le peuple, qui doit le renier, ne sera plus son peuple. Un peuple, avec le chef qui Saint Gabriel 01doit venir, détruira la ville et le temple. Pour finir, tout sera saccagé et après la fin de cette guerre ce sera la désolation permanente, qui a été décrétée. »

Daniel, « l’homme des désirs », qui attend, qui espère, qui implore l’heure, la grande heure de la descente du Fils de Dieu, est merveilleusement éclairé, rassuré par l’Archange Gabriel.

Gabriel est ainsi de tout temps, de toute éternité, l’Ange du Messie. Force de Dieu veut dire son nom, car en cette œuvre de la Rédemption, Dieu montre plus de puissance qu’en celle de la création. L’amour qui fait l’Incarnation et le salut du monde par le sang du Fils de Dieu-Homme est plus fort que l’amour qui a créé les êtres, tous les êtres. Par cette œuvre inouïe, Dieu atteint l’infini de son amour en dehors de lui-même. Et c’est Gabriel qui a la charge de cet amour.

Graduel : « Tous les Anges de Dieu, bénissez le Seigneur, vous qui êtes les puissants, qui accomplissez sa volonté. – Mon âme, bénis le Seigneur, que mon être tout entier bénisse le Nom du Seigneur. »

Trait : « Je vous salue, Marie, vous qui êtes pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. – Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de votre sein est béni. Vous concevrez et vous enfanterez un fils, et vous l’appellerez Emmanuel. – Le Saint-Esprit descendra en vous et la puissance du Très-Haut vous couvrira de son ombre. Aussi celui qui naîtra de vous, le Saint, sera appelé le Fils de Dieu. »

Au Temps Pascal : « Alléluia, alléluia, Dieu rend ses anges rapides comme le vent, il fait de ses ministres une flamme de feu. »

Êtres de lumière, êtres invisibles, que nous ne pouvons estimer par nos sens, êtres de feu par leur amour, les Anges sont devant Dieu, par milliers et milliers, une louange à sa grandeur et à sa bonté. En eux tout est louange, car de tout leur être, sans la moindre réserve, ils glorifient l’auguste Trinité. Nous aussi, chétives créatures, nous devons remonter vers Dieu du bas-fond de notre misère et faire en sorte que de tout notre être purifié, surélevé, nous soyons une louange parfaite à la bonté de Dieu.

Évangile selon saint Luc, c. 1 : « En ce temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, dont le nom est Nazareth, à une vierge qui avait épousé un homme appelé Joseph, descendant de la famille de David, et le nom de la Vierge était Marie. L’ange entra auprès d’elle et dit : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. En l’entendant, elle fut troublée par ses paroles et elle pensait en elle-même ce que pouvait bien signifier ce salut. L’Ange lui dit : Ne craignez point, Marie, vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez dans votre sein, que vous enfanterez un fils et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé le Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Et il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. Mais Marie dit à l’Ange : Comment cette chose pourra-t-elle se réaliser, puisque je ne connais point d’homme ? Et l’Ange lui répondit, en disant : Le Saint-Esprit descendra en vous et la puissance du Très-Haut vous couvrira de son ombre, C’est pourquoi ce qui naîtra saint de vous, sera appelé Je Fils de Dieu. Et voilà que votre cousine Elisabeth a conçu elle aussi un fils dans sa vieillesse. Et celle que l’on appelait stérile est dans son sixième mois, car rien n’est impossible à Dieu. Marie lui dit : Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

Le bel entretien de Gabriel avec l’humble Vierge Marie !

Il entre simplement dans le lieu où se trouve celle qui a été choisie de Dieu. Il se présente comme l’ambassadeur de sa souveraine Bonté. Il sait où il va et ce qu’il apporte. Brusquement, mais avec un respect infini, il salue Marie. Car Gabriel connaît le grand mystère qui glorifie cette humble fille, son Immaculée Conception, et de la voir si petite au dehors, en cette maison pauvre, il sent en lui-même une plus grande louange à la bonté de Dieu. Il salue Marie, sa Souveraine, très bas. Car elle est « pleine de grâce » et lui, I’ Ange de lumière, il sait ce qu’est en Marie cette plénitude de grâce. Aucune plénitude angélique ne l’égale. Tout Dieu s’est comme déversé en Marie, Gabriel s’incline : le Seigneur est avec vous ! Vous êtes la préférée du Très Haut, vous êtes l’unique au-dessus de toutes les femmes.

Saint Gabriel 05

Et devant le trouble de Marie, qui ne comprend pas, qui se demande ce que signifient les paroles de ce visiteur inattendu, Gabriel s’explique. Il n’attend même pas que Marie ait parlé : Oh ! n’ayez pas peur, Marie. Gabriel se fait familier. Il appelle cette jeune fille par son nom et la lumière intérieure de !’Esprit-Saint dit à Marie, qui est le visiteur qui lui parle. Non ! n’ayez pas peur ! Vous avez toutes les faveurs, tous les privilèges de Dieu. Et alors, expliquant clairement sa mission, le bienheureux Archange, avec une joie indicible, révèle à Marie le grand mystère. L’heure est venue, le Promis, le Messie va descendre en vous, vous serez sa mère, non pas une mère ordinaire, mais une mère qui aura reçu son Fils de Dieu lui-même, l’unique Père. Et ce Fils, le Fils de Dieu et le vôtre, ô Marie, vous l’appellerez Jésus. C’est la première fois que sur terre le nom de Jésus, Fils de Dieu et de Marie, est prononcé. Avec quel respect, quelle adoration, quel amour Gabriel dit ce Nom : Jésus ! le Sauveur, le Souverain par amour, celui que, pendant l’éternité entière, tous les êtres bienheureux salueront comme leur Chef suprême.

Et I’ Archange annonce en même temps une autre naissance prochaine, celle du Précurseur. Il est en avance de six mois puisque son rôle est de précéder, de préparer les voies.

Et Gabriel se tait, il attend en silence la décision de Marie. Devant l’humble vierge, debout, silencieux, le grand Archange et avec lui dans le monde invisible, tout le ciel, I’ Auguste Trinité elle-même attend : Que votre parole s’accomplisse, dit Marie, je suis la servante du Seigneur. Soudain, la grande œuvre se réalise et bienheureux, I’ Archange disparaît en adorant le Fils de Dieu fait homme.

Offertoire : « L’Ange se plaça debout près de l’autel du temple, portant en sa main un encensoir d’or. On le remplit d’une abondance de parfums et la fumée de ces parfums monta jusqu’à Dieu. »

Secrète : « Seigneur, que l’offrande de nos hommages vous soit agréable avec la prière du bienheureux Archange Gabriel, afin que, vénéré par nous sur la terre, il soit notre avocat auprès de vous dans le ciel. »

Nos prières sont cette abondance de parfums qui remplit l’encensoir d’or, que l’Ange tient à la main. Lui-même les porte vers Dieu, et nos prières présentées par Gabriel sont

Saint Gabriel 02bis

plus favorablement accueillies. Il est venu sur notre terre, il nous a annoncé la grande joie, il nous connaît, pour ainsi dire, de plus près. Nous pouvons lui rappeler l’heure joyeuse de sa mission et par cette joie qui est nôtre et qui est sienne, cette joie commune, lui demander d’intercéder pour nous. Il est comme notre avocat naturel auprès de Marie et de Jésus.

Communion : « Tous les Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur, chantez un hymne en son honneur, glorifiez-le dans tous les siècles. »

Il y a un rapport évident entre les Anges et les hommes dans l’Incarnation du Fils de Dieu. La Trinité Sainte aurait pu réaliser ce grand mystère directement, sans l’intervention de Gabriel. Jusqu’où va ce rapport ? Jésus, Fils de Dieu fait homme, est-il le Sauveur des Anges comme il est celui des hommes ? Michel et les Anges fidèles qui le suivirent, reçurent-ils par anticipation la grâce de leur fidélité des mérites de la Passion du Sauveur ? Graves questions dont la solution demeure discutée dans l’École. Mais, de toutes manières, soit comme Sauveur, soit simplement comme Chef suprême de tous les êtres, Jésus est le Souverain unique des anges et des hommes. Et à ce titre le rapport des anges et des hommes dans l’Incarnation est profond, essentiel même. Gabriel prononce le premier, et avec lui tous les Esprit célestes, le Nom de Jésus. Après lui et après eux, les hommes le prononcent à leur tour en le prenant sur les lèvres de leur souveraine, l’humble Vierge Marie, Mère de Dieu.

Postcommunion : « Après avoir participé aux mystères de votre corps et de votre sang, nous implorons, Seigneur notre Dieu, votre clémence, afin que, ayant connu, par l’annonce de Gabriel, votre Incarnation, nous en obtenions, par son secours, les précieux bienfaits. »