Chargement Évènements

Bienheureux Isnard de Chiampo († 1244)

Fêté le

22 mars

Confesseur de l’Ordre dominicain

Messe : Os justi

Oraison : « Dieu tout-puissant, éternel, qui dissipez par la lumière de votre sagesse les ténèbres de l’ignorance, augmentez en nous, par les mérites et les prières du bienheureux Isnard, votre confesseur, la vertu de foi, afin que le feu que votre grâce a fait allumer dans les âmes ne soit éteint par aucune tentation. »

Isnard, dit de Chiampo ou de Vicence, était en effet, d’après les anciens documents, originaire du village de Chiampo, près de Vicence. Il faisait ses études à Bologne, lorsqu’il fut revêtu de l’habit de l’Ordre par saint Dominique lui-même. Suivant les traces du saint Patriarche, il fit de si heureux progrès dans la voie du Seigneur que, la grâce de Dieu aidant, on le vit bientôt parvenir, d’une marche sûre, au faîte de la perfection religieuse. Il s’appliqua à l’étude des saintes Écritures avec une telle ardeur, il mit toujours ses délices à méditer si tendrement la Passion du Seigneur et les vérités célestes qu’il devint un prédicateur évangélique de grand renom. C’est pourquoi il reçut mission de prêcher la parole de Dieu, et ramena beaucoup de catholiques à une vie plus fervente et nombre d’hérétiques à la vraie foi. Aussi était-il loué par tous comme un prêcheur plein de chaleur et de charme.

Dans la suite, vers 1230, les frères de l’Ordre des Prêcheurs ayant reçu de Rodobald, évêque de Pavie, homme d’une éminente sainteté, l’église de Sainte-Marie-de-Nazareth avec un terrain adjacent dans un faubourg de la ville au-delà du Tessin, le frère Isnard fut envoyé là pour y fonder un couvent. Aidé des conseils et des dons de saint Rodobald, il le construisit, puis le gouverna en qualité de prieur jusqu’à la fin de sa vie. Un monastère de Sœurs fut aussi bâti en ce lieu ; Isnard, par ses rares vertus, l’anima d’une vie intense. Par sa sainteté de vie et son activité apostolique, il répandit tant de lumière dans la ville entière et les régions voisines qu’avec le très bienveillant évêque Rodobald, à qui l’unissait une céleste amitié, il est regardé comme le second apôtre de la ville de Pavie.

Ainsi donc, Frère Isnard fut un homme de mœurs très religieuses, vierge de corps et d’âme, opulent de corps mais de sainteté plus opulent encore, comme le proclament en termes emphatiques tous ceux qui, depuis les premiers temps, ont écrit à son sujet. On raconte qu’il était célèbre à cause du don de guérison et du renom de ses miracles. C’est pourquoi, depuis sa mort jusqu’à notre temps, non seulement à Pavie où sont conservées ses reliques, mais aussi au diocèse de Vicence et en quelques autres lieux, bien plus, dans l’Ordre entier des Prêcheurs, il est honoré d’un culte public et ecclésiastique avec le titre de bienheureux ou même de saint. Le Souverain Pontife Benoît XV ordonna que soit promulgué un décret confirmant ce culte le 12 mars 1919, et accorda à l’Ordre des Prêcheurs ainsi qu’au diocèse de Pavie le pouvoir de célébrer messe et office en l’honneur du bienheureux Isnard.

Lumière et charité ! C’est ce que nous demandons dans l’oraison. La lumière fait connaître Dieu dans la vérité et cette connaissance produit et développe la charité. Si la foi disparait d’une âme, comment pourrait-elle aimer Dieu qu’elle ne connaît plus. Aussi, par l’étude, par la contemplation intérieure des choses divines, devons-nous développer en nous la vertu de foi. Don de Dieu, il faut la demander humblement, mais avec instance. C’est elle qui nous relie à Dieu. C’est elle qui est la base de notre vie spirituelle. Sans la foi, nous n’avons plus de Dieu en ce monde. Avec la foi nous pouvons toujours espérer que Dieu aura pitié de nous. Nous pouvons lui crier, dans notre misère, toutes les détresses de notre vie. Avec la foi, nous pouvons dire à notre Père du ciel : Pardon ! C’est elle la gardienne de la charité en nous. Que la vertu de foi augmente en nous, afin que l’amour de Dieu, ce feu de l’Esprit-Saint, ne s’éteigne pas en nos coeurs.